Manifestation des producteurs de fruits et légumes à Paris

Ce matin, j’ai entendu une petite info qui passe presque inaperçue à la radio. Les producteurs de fruits et légumes Français  vont distribuer, en vente directe, 40 tonnes de fruits et légumes à Paris. Le but de leur action est de dénoncer les prix pratiqués par la grande distribution qui se fournissent pour la plupart en Espagne à des prix dérisoires et aux dires des agriculteurs, leur font une concurrence déloyale… Le deuxième sujet est aussi de dénoncer les prix à l’achat des grandes surfaces auprès des agriculteurs.

   J’ai lu récemment le livre « les fruits de ma colère » écrit par un ancien arboriculteur (c’est comme ça qu’on appelle un producteur de fruit) Pierre Priolet; Cet agriculteur a été médiatisé un peu malgré lui, car un beau matin, il a décroché son téléphone pour témoigner dans un débat sur France Inter et ses larmes en direct ont ému la France entière. Cet homme est devenu aujourd’hui le porte parole d’une profession qui se meurt. Dans son livre, il nous explique très simplement comment la grande distribution l’a étranglé avec des prix trop bas et surtout des pratiques « commerciales » abusives. Après avoir travaillé à entretenir et cultiver des vergers, il est arrivé au stade final où il ne pouvait plus vivre de son métier et de sa culture, qu’il a fini par  tout arracher.

Pierre nous explique dans son livre, que la concurrence Espagnole a fait beaucoup de tort aux agriculteurs Français. Simplement parce que les Espagnols ne respectent pas les règles pour le traitement chimique des exploitations, qu’ils peuvent donc casser les prix grâce à leur rendement; qu’ils ont une main d’œuvre moins chère et surtout qu’ils ont INDUSTRIALISE à outrance leur mode de production. Chose que les agriculteurs Français ne peuvent pas faire systématiquement et j’ai envie de dire HEUREUSEMENT.

 Comprenez bien, que même avec une tendance du « retour au consommer Français », certaines grandes surfaces n’ont pas vraiment de scrupules à « Rendre Français » un kilo de tomate espagnol, histoire d’acheter vraiment pas cher mais de revendre au consommateur à un prix plus élevé avec l’argument « Provenance France », Comment peut on faire la différence dans les allées de supermarché entre une tomate française et une tomate espagnole? Impossible, de toute façon en grande surface, les fruits et légumes sont calibrés et correspondent à un cahier des charges!

Ce que j’accuse ici, c’est vraiment que la grande distribution se gave sur le dos des fournisseurs et des consommateurs.

Pierre Priolet dénonce dans son livre une pratique qui m’a fait tomber de mon lit tellement elle est choquante:

Je m’explique: Les centrales d’achats négocient avec des agriculteurs en direct, admettons qu’au mois de janvier, ils négocient la prochaine récolte de pêche pour l’été, ils demandent aux agriculteurs des prix bas sous réserve d’un volume fixé à l’avance qu’ils s’engagent à acheter. L’agriculteur peut y trouver son compte, dès le mois de janvier, il sait que x tonnes de pêches lui seront achetées. Généralement, dans les contrats on trouve multiples clauses imposées à l’agriculteur, qui devra par exemple s’équiper de cagettes particulières pour optimiser le transport ou le stockage dans les hypers.

Bref, l’agriculteur de janvier à juillet s’équipe, se prépare à HONORER son contrat et LIVRER sa marchandise. Au cours du mois de juillet, admettons que le temps ne soit pas très chaud, les consommateurs vont au final acheter moins de pêches que prévu. La grande distribution qui ne supporte pas de voir son GRAND PROFIT diminuer, va trouver une solution radicale et rapide. Au fil des récoltes du producteur de pêches, qui sont directement livrées dans les magasins, (comme stipulé dans le contrat signé au mois de janvier) les magasins vont purement et simplement REFUSER la marchandise sous des prétexte fallacieux,( pour diminuer les quantités potentiellement invendable, puisque la demande baisse). « Ah! bah non, Monsieur l’agriculteur, vos pêches ne correspondent pas au cahier des charges, elles sont trop mûres, pas assez ronde, vos cagettes ne respectent pas la norme » etc.. Tout ça dans le but de conserver un prix d’achat bas (négocié pour un  certains volume) mais revendre avec une marge toujours aussi importante. Au détriment du producteur, qui se retrouve avec une récolte qu’il ne peut pas vendre, et son chiffre d’affaires qui fond comme neige au soleil. Comprenez bien que dans une logique commerciale si vous concédez un prix de vente bas en tant que producteur, c’est que vous pouvez vous « rattraper » sur des volumes, seulement quand vous avez investit de l’argent, que vous avez un volume de vente bien inférieur aux prévisions, vous ne répartissez plus vos charges et c’est le dépôt de bilan.

 Voilà pourquoi, cette profession est malade, les subventions et autres aides de l’Etat et de l’Europe, n’arrangent rien. Il faut savoir aussi que tristement, cette profession compte le plus grand nombre de suicide, car souvent les agriculteurs empruntent pour moderniser et suivre les codes dictés par la grande distribution et ne peuvent plus faire face à leur dette.

Je ne vous le répéterai jamais assez, pour un commerce équitable et une consommation plus juste, achetez en LOCAL chez un producteur qui vend en direct, c’est meilleure pour votre santé et la sienne!

pour aller plus loin: Voir article du Parisien.fr

 

 

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Une réflexion au sujet de « Manifestation des producteurs de fruits et légumes à Paris »

  1. De toute façon les fruits et légumes des supermarchés sont pas bons. Moi j’achète via des paniers livrés à domicile. Les champs sont à 10km de chez moi, ce sont des jeunes en réinsertion qui cultivent et ramassent. Ça me coute 15€ par semaine pour une famille de 4 personnes.

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